croyances persistantes

Sortez de l’influence du biais de confirmation

Si vous avez déjà pris une décision en ne vous basant que sur un a priori, un préjugé ou une croyance, vous êtes sous l’influence de ce qu’on appelle le biais de confirmation. Dans cet article, nous allons l’explorer et l’expliquer en détail à travers des exemples. Nous verrons ensuite ses mécanismes et ses conséquences négatives. Enfin, vous trouverez des stratégies pratiques pour reconnaître ce biais insidieux et vous en détacher afin de promouvoir une pensée plus objective et éclairée. C’est parti !

Qu’est-ce que le biais de confirmation ?

Le biais de confirmation est un phénomène cognitif observé en psychologie sociale et cognitive qui se produit lorsque les individus ont tendance à accorder davantage de poids ou de crédibilité à des informations qui confirment leurs croyances préexistantes. Cela signifie qu’elles ont une préférence pour les informations qui soutiennent leur point de vue, tout en ignorant ou en minimisant les informations qui les contredisent.

Ce biais cognitif est étroitement lié au processus de raisonnement et aux jugements que nous formons en tant quêtres humains. Lorsque nous sommes confrontés à de nouvelles informations, nous avons tendance à les interpréter de manière à les rendre cohérentes avec ce en quoi nous croyons actuellement, ce qui les renforce davantage. De ce fait, au lieu d’évaluer objectivement les preuves disponibles, nous recherchons des informations qui confirment nos attentes et nos convictions.

Quels sont ses impacts négatifs dans la prise de décisions ?

Vous allez voir qu’il existe 4 types d’impacts négatifs qui peuvent non seulement nuir à votre développement personnel mais aussi à vos relations avec les autres.

biais de confirmation

Renforcement des stéréotypes et des préjugés

Lorsque nous formons des jugements hâtifs basés sur des stéréotypes positifs ou négatifs, nous avons tendance à accorder plus de valeur aux informations qui les confirment, sans considérer de manière objective les informations contraires. Par conséquent, nous les renforçons involontairement ainsi que les préjugés associés.

  • Ce qu’on peut couramment voir dans le biais de confirmation est l’effet de halo. Une première impression positive ou négative d’une personne tend à influencer nos jugements sur ses autres caractéristiques. Par exemple, si nous percevons une personne comme étant compétente, nous avons tendance à supposer qu’elle est également sympathique ou honnête. Cette tendance à généraliser à partir d’une caractéristique positive peut contribuer à les renforcer car nous ne prenons pas en compte les informations qui contredisent ces généralisations.
  • Il en va de même avec l’heuristique de disponibilité. Cela consiste à prendre des raccourcis mentaux pour prendre des décisions rapides ce qui peut nous conduire à faire des erreurs de jugement. Par exemple, ce que nous avons vu récemment, entendu très souvent ou encore ce qui a provoqué une forte émotion revient plus facilement en mémoire.
  • Le 3ème biais que l’on peut citer est la dissonance cognitive. Elle se produit lorsque nous sommes confrontés à des informations contradictoires ou à des choix difficiles, ce qui peut entraîner un inconfort mental et une résistance à changer nos croyances existantes.

Difficulté à remettre en question nos croyances

Cela provient du fait que notre esprit fait le tri sur l’ensemble des informations que nous percevons ce qui donne lieu à une attention sélective. Par conséquent, nous rejetons ou minimisons l’importance de certaines d’entre elles car nos croyances sont profondément implantées. Vous pouvez l’imaginez comme créant une sorte de filtre qui limite notre exposition à des perspectives différentes et complique notre remise en question.

perception

Impact sur les relations interpersonnelles

Le biais de confirmation peut influencer la manière dont nous percevons et interprétons les comportements, les paroles et les actions d’autrui. Par exemple, si nous croyons que quelqu’un est désagréable, nous aurons tendance à rechercher activement des indices le confirmant même si d’autres comportements peuvent indiquer le contraire. Cela peut entraîner des malentendus et des conflits inutiles car nous ignorons ou sous-estimons délibérément les autres signes.

Nous pouvons aussi être moins à l’écoute des points de vues différents des nôtres. Cela peut conduire à des discussions unidimensionnelles où nous ne cherchons que des arguments soutenant notre position, ce qui peut nuire à la compréhension mutuelle et à la résolution de problèmes.

Barrière à l’apprentissage et au changement

Les individus ont tendance à préférer le statu quo et à résister aux changements qui menacent leurs croyances ou leurs habitudes. Cette aversion à la perte peut nous amener à sous-estimer les coûts et les risques potentiels associés au maintien de nos croyances préexistantes et à surestimer les avantages de ne rien changer. Cette résistance au changement peut limiter notre capacité à remettre en question nos croyances et à apprendre de nouvelles perspectives.

Les 4 façons de savoir si vous êtes sous son influence

  • Sélectivité de l’attention et de la perception : Lorsque nous sommes confrontés à une quantité énorme de stimulus provenant de notre environnement, notre cerveau doit faire des choix quant à ce sur quoi nous allons porter notre attention. La sélectivité de l’attention intervient alors pour filtrer et diriger notre focalisation vers les éléments les plus pertinents ou significatifs selon notre perspective. Des études ont d’ailleurs permis de mieux comprendre comment notre cerveau traitait l’information et comment cela influençait notre perception du monde qui nous entoure. Votre motivation intrinsèque, vos intérêts personnels et vos besoins sont donc au coeur de ce tri sélectif qui favorise le biais de confirmation.
  • Recherche d’informations conformes à vos croyances : En créant une boucle où nous sommes exposés à des informations qui corroborent nos opinions, nous pouvons leur donner plus de poids et de validité. Le problème est que cela peut conduire à une fermeture des idées.
  • Interprétation sélective des données : Nous donnons une interprétation biaisée ou sélective aux informations que nous recevons. Vous pouvez prendre l’exemple des adaptes de la théorie de la terre plate qui partent de faits pour les traduire selon leurs propres aspirations et préférences.
  • Mémorisation sélective des informations : Notre capacité de mémoire est limitée, il nous faut donc choisir les informations que l’on souhaite laisser rentrer et retenir.
écoute active

Comment sortir du biais de confirmation ?

Pratiquer l’ouverture d’esprit et l’empathie

Ces deux concepts sont étroitement liés car ils nous permettent de percevoir et de comprendre les émotions et les expériences d’autrui. Grâce à l’empathie nous pouvons ressentir et comprendre les émotions des autres. Elle implique de faire preuve de compassion et de bienveillance envers autrui en étant capable de percevoir et de comprendre leurs émotions. Pour cela, il est nécessaire de développer une écoute active en tenant compte des expériences et des points de vue de vos interlocuteurs. Faites preuve de respect envers leurs idées, même si elles diffèrent des vôtres. 

Remettre en question ses propres croyances

Commencez par identifier les domaines dans lesquels vous pourriez avoir des croyances préconçues et faites en sorte de sortir de votre zone de confort. C’est un mal nécessaire mais il faut davantage le prendre comme une opportunité de croissance personnelle et de développement intellectuel.

Diversifier ses sources d’information

On peut facilement tomber dans la facilité par paresse et se cantonner à la première information trouvée mais ce serait une erreur ! Il est essentiel de diversifier ses sources d’information afin d’obtenir une vision plus large et équilibrée des événements qui nous entourent. Cela peut se faire en utilisant une variété de médias tels que la presse écrite, la télévision, la radio, les sites et blogs ou les réseaux sociaux (avec des pincettes !). En consultant différents médias, on peut obtenir des perspectives différentes sur les mêmes sujets, ce qui permet d’avoir une vision plus complète. Le principal est de toujours vérifier la crédibilité de ces sources afin d’éviter les fake news ou les informations de seconde main.

S’entourer d’opinions différentes et encourager le débat

N’hésitez pas à diversifier votre cercle social car comme le dit Jim Rohn : nous sommes la moyenne des 5 personnes que nous côtoyons le plus. Vous pouvez aussi saisir les opportunités de participer à des discussions ouvertes et respectueuses sur des sujets d’intéressants. Cela peut se faire à travers des cercles sociaux, des groupes de discussion en ligne, des forums ou des événements thématiques.

Utiliser des techniques d’analyse critique

Enfin, vous pouvez faire une analyse critique de différentes manières. Posez-vous des questions sur les données reccueillies : les preuves présentées sont-elles légitimes et solides ? Les arguments sont-ils suffisants ou présentent-ils des lacunes et erreurs ? Est-ce basé sur des sources de confiance comme des études ou des rapports officiels. N’hésitez pas à les comparer entre eux et à vérifier si les conclusions sont contradictoires.

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